Nous sommes confrontés à la pandémie mondiale de COVID-19 depuis bientôt trois mois. La portée et l’incidence économiques de cette crise sont beaucoup plus profondes que ce que la plupart d’entre nous ont connu.
Pour les villes, la COVID-19 a créé le plus grand défi financier que nous ayons dû relever au cours des dernières années.
Les municipalités partout au Canada travaillent sans relâche pour fournir une vaste gamme de services essentiels, notamment des services sociaux pour nos résidents les plus vulnérables, des services de transport en commun, d’incendie, paramédicaux et de police, un soutien au développement économique local, de l’eau potable, la collecte et le recyclage des déchets solides, et bien plus encore.
Les revenus sont en chute libre alors que les coûts augmentent globalement.
Depuis le début de la pandémie de COVID-19 et dans le cadre de l’état d’urgence, la Ville d’Ottawa fait face à des pertes nettes de 66 millions de dollars d’ici juin, de 123 millions de dollars d’ici septembre et de 186 millions de dollars d’ici décembre. Ces chiffres excluent les répercussions financières sur le Service de police d’Ottawa, Santé publique Ottawa et la Bibliothèque publique d’Ottawa.
Le gouvernement du Canada et le gouvernement provincial ont tous deux augmenté leurs dépenses de plusieurs centaines de milliards de dollars pour nous permettre de traverser cette crise – un effort qui est soutenu par une capacité fiscale beaucoup plus importante et par une base de revenus plus large qui comprend généralement les ventes et l’impôt des particuliers.
Cependant, la situation pour les municipalités canadiennes est beaucoup plus précaire, étant donné que notre capacité à générer des revenus est largement fondée sur l’impôt foncier. Les villes sont confrontées à des pertes financières catastrophiques en raison du report des impôts fonciers, de l’effondrement de l’achalandage et des revenus du transport en commun et de l’escalade des coûts pour assurer, autant que possible, la sécurité de nos résidents les plus vulnérables dans des circonstances extrêmement difficiles.
D’autres maires canadiens et moi-même considérons le premier ministre Justin Trudeau, la députée fédérale locale et ministre de l’Infrastructure Catherine McKenna, ainsi que d’autres députés fédéraux de la région, comme de véritables champions du programme des municipalités.
Forte de ce solide soutien, la Fédération canadienne des municipalités (FCM) demande au gouvernement du Canada de s’engager à verser un financement de fonctionnement d’urgence ponctuel de 10 milliards de dollars que les gouvernements locaux pourraient utiliser au besoin. Compte tenu de la capacité fiscale inégale des provinces, nous recherchons un engagement fédéral qui NE dépend PAS d’une contribution correspondante du gouvernement provincial.
Cela permettrait aux villes et aux villages de tout le pays de continuer à assurer la sécurité de leurs résidents et à les soutenir durant la lutte contre la COVID-19. Et nous en avons besoin plus tôt que tard.
Plus tard ce matin, en compagnie du conseiller Tim Tierney, représentant de la Ville d’Ottawa au Conseil d’administration de la FCM, je présenterai une motion au Conseil visant à appuyer la FCM et l’Association des municipalités de l’Ontario (AMO) dans leurs efforts de lobbying auprès des gouvernements fédéral et provincial pour obtenir ce financement ponctuel crucial pour notre ville et les municipalités partout au pays.
Les villes ne peuvent pas se permettre d’annuler ou de retarder de grands projets d’immobilisations ou de réduire considérablement les dépenses en services municipaux essentiels alors que nous concentrons nos efforts à appuyer des millions de Canadiens qui ont perdu leur emploi pendant la pandémie de COVID-19. Et contrairement aux gouvernements provincial et fédéral, les municipalités ne sont pas autorisées, en vertu de la loi, à enregistrer un déficit.
Depuis la déclaration de la pandémie, nos gouvernements provincial et fédéral ont fait un excellent travail pour assurer notre sécurité, et nous collaborons avec eux pour enfin commencer à relancer prudemment l’économie.
Nos gouvernements provincial et fédéral ont judicieusement choisi de ne pas réduire les niveaux de service ou d’emploi, car cela minerait nos efforts collectifs pour relancer notre économie et notre marché du travail en difficulté.
Les villes jouent un rôle vital dans la croissance économique, et les municipalités ont besoin d’aide pour aider à stimuler les efforts locaux de reprise économique.
Un investissement fédéral dans nos villes maintenant fera en sorte que les trois ordres de gouvernement pourront continuer de travailler ensemble pour relancer le Canada le plus rapidement possible.
Sans cet investissement proposé dans nos villes, nous serons confrontés à la perspective décourageante de devoir réduire les services municipaux essentiels alors que nos résidents en ont plus que jamais besoin, tout en imposant des années d’augmentations inacceptables de l’impôt foncier tandis que nous essayons de rebâtir notre économie et de récupérer les millions d’emplois perdus pendant la pandémie de COVID-19.
Aux résidents d’Ottawa, je vous remercie sincèrement, au nom de tous les membres du Conseil, de continuer à fournir votre part d’efforts pour aplanir la courbe en suivant les directives en matière de santé publique. Grâce à notre comportement individuel, nous changeons le cours de la pandémie dans notre ville et jetons les fondations pour une reprise plus rapide.
Si les particuliers et les gouvernements continuent à travailler ensemble, nous sortirons de cette crise plus forts que jamais.